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L’ozone est le seul polluant réglementé dont les niveaux ne diminuent pas. La directive européenne qualité de l’air, qui entrera en vigueur dans le droit national fin 2026, renforcera les valeurs cibles pour l’ozone tout en imposant l’établissement de plans d’actions spécifiques en cas de dépassement.
Dans l’optique de se préparer à ces enjeux, le Conseil national de l’air a conduit des travaux spécifiques à ce polluant et produit une brochure.

À très haute altitude, dans la stratosphère (10 à 60 km d’altitude), l’ozone filtre et nous protège des rayons solaires ultraviolets. Il forme la couche d’ozone. Sans ozone, pas de vie terrestre.
Mais à basse altitude, dans la troposphère (0 à 10 km d’altitude), dans l’air que nous respirons, l’ozone est un polluant car il est très oxydant ce qui le rend dangereux pour la santé et la végétation.
L’ozone se forme à partir de polluants dits précurseurs tels que les oxydes d’azote (NOx) issus du transport et les composés organiques volatils (COV) d’origine anthropique ou biogénique, comprenant le méthane (CH4). La production d’ozone est également liée à des conditions météorologiques spécifiques : soleil, vents faibles, rayonnement UV important et températures élevées. Elle est, de ce fait, plus importante en période estivale et favorisée par le réchauffement climatique. L’ozone se déplace très bien dans la troposphère et a une durée de vie pouvant aller jusqu’à une vingtaine de jours. Il se transporte ainsi sur de longues distances et traverse les frontières.
L’ozone est délétère pour tous les organismes vivants par son fort pouvoir oxydant entrainant un stress oxydatif, c’est-à-dire un phénomène biologique impliqué dans le vieillissement cellulaire et de nombreuses pathologies.
En détruisant les barrières cellulaires des voies respiratoires, l’ozone pénètre profondément jusqu’aux bronchioles, pouvant atteindre la circulation sanguine. Il peut ainsi entraîner des altérations du système cardio-vasculaire, et toucher les neurones et leurs synapses. Ce processus pourrait exacerber des pathologies neuro-dégénératives comme les maladies de Parkinson, de Charcot, Alzheimer ou les divers spectres d’autisme, non chiffrées en l’absence d’études spécifiques sur le sujet.
L’étude Cepem (caractérisation épidémiologique des épisodes de pollution atmosphérique en France et évaluation sanitaire des mesures des pouvoirs publics2) a mis en évidence une corrélation entre l’exposition à l’ozone et une augmentation de la mortalité non accidentelle, ainsi que des hospitalisations liées à des pathologies cardiaques, cardio -vasculaires et pulmonaires. Par ailleurs, cette étude conclut à un effet sans seuil de l’ozone avec une augmentation des effets sanitaires au-delà de 90 μg/m3 en soulignant l’importance des vagues de chaleur. Jusqu’à 31% des décès recensés en période de vague de chaleur peuvent être attribués aux niveaux d’ozone (part estimée à Nantes sur une période d’étude de 2000 à 20153).
L’ozone modifie également la surface des grains de pollen ce qui conduit à l’extraction des allergènes et augmente indirectement les niveaux de réaction bronchique, ce qui rend les pollens plus agressifs sur des muqueuses déjà fragilisées par la pollution.
La végétation est à la fois source de précurseurs d’ozone et impactée par l’ozone.
L’ozone entraîne une baisse de la croissance des végétaux (diminution de la capacité de photo synthèse, nécrose et perte des feuilles, diminution de la croissance…), une réduction des capacités de stockage du dioxyde de carbone par les arbres. Il a également un impact sur le vivant et notamment sur les pollinisateurs.
Les sources d’ozone sont multiples en intérieur : photocopieurs, épurateurs d’air, import depuis l’extérieur par ventilation. Il peut irriter les yeux et les voies respiratoires, et les COV sont particulièrement néfastes au bon développement des enfants.
A venir … les recommandations du Conseil National de l’Air pour réduire ce polluant !