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Les zones à trafic limité (ZTL) se développent progressivement en Europe et en France. Si leur fonctionnement varie selon les territoires, elles poursuivent un objectif commun : réduire le trafic de transit afin d’apaiser les centres-villes et de redonner de l’espace aux piétons, aux cyclistes et aux transports collectifs. Dans une récente étude, l’ADEME dresse un état des lieux des ZTL existantes, de leurs objectifs recherchés, des modalités de mises en œuvre et de leurs impacts.

L’ADEME propose la définition suivante : la ZTL se définit comme une zone ou un axe dont l’accès des véhicules motorisés est restreint à certains usagers – riverains, professionnels, services publics – disposant de droits spécifiques d’accès, dans le but de supprimer le trafic de transit.
Actuellement, très peu d’études sont disponibles en Europe et en France notamment. L’ADEME invite donc à interpréter les résultats avec prudence, chaque ZTL répondant à un contexte local différent. Les retours d’expérience montrent néanmoins plusieurs tendances.
Les études mettent en évidence une diminution du trafic automobile dans les zones concernées.
Les mesures de pollution atmosphérique montrent la plupart du temps des effets positifs localisés :
Les évaluations montrent également des bénéfices sur l’environnement et le cadre de vie. Les ZTL contribuent aussi à réduire l’exposition au bruit comme à Grenoble. Une baisse comprise entre 4 et 8 dB(A) a été observée deux ans après la mise en place du dispositif sur l’axe concerné. À Paris, les modélisations prévoient une réduction importante de la population exposée aux niveaux sonores les plus élevés.
L’étude souligne également que les ZTL peuvent favoriser la végétalisation, le développement de nouveaux usages de l’espace public et la création de lieux de vie plus agréables. Contrairement à certaines inquiétudes exprimées lors de leur mise en place, les retours d’expérience européens ne mettent pas en évidence d’effet négatif global sur l’activité commerciale. « A Londres, l’autorité organisatrice des transports a établi que la vacance commerciale diminue d’environ 17% après une rénovation des centres-villes visant à pacifier les mobilités. » Certaines études montrent même une baisse des vacances commerciales après des projets de pacification des centres-villes, tout en rappelant que les effets peuvent varier selon les types de commerces.
Les retours d’expérience montrent que la réussite d’une ZTL repose sur une préparation en amont. L’ADEME recommande d’inscrire le dispositif dans une stratégie globale de mobilité et d’amélioration du cadre de vie. Les collectivités gagnent à proposer des alternatives crédibles à la voiture, comme des transports collectifs performants, des continuités piétonnes et cyclables, ainsi qu’une politique de stationnement adaptée.
L’étude insiste également sur plusieurs points de vigilance :
Depuis plusieurs années, des zones à trafic limité (ZTL) ont émergé dans plusieurs villes : il en existe, en 2026, huit en France (Nantes, Grenoble, Rennes, Paris, Lyon, Strasbourg, Clermont-Ferrand et Bordeaux). En dehors de la France, 468 ZTL ont été répertoriées au travers de six pays européens (dont 331 en Italie).
Christophe Belin | Ville de Paris