Pollutions aux PM2,5 : les enjeux mondiaux et locaux

IQAir a publié courant mars 2026 son rapport sur l’état de la pollution aux particules fines PM2,5 dans le monde. L’Alliance revient sur les principaux constats, avec un focus sur le territoire Français et les enjeux à suivre sur ce polluant. 

IQAir a publié son 8e rapport annuel sur la qualité de l’air dans le monde, grâce aux données de surveillance de près de 10 000 villes, dans 143 pays.  En comparaison à l’année précédente, 54 pays ont vu leur moyenne annuelle de PM2,5 augmenter, 75 ont connu une baisse, 2 sont inchangés et 12 sont nouveaux dans l’étude.  Seul 13 pays respectent les valeurs guide de l’OMS concernant les PM2,5. Le rapport indique que 14% des villes uniquement respectent les seuils estimés sûrs pour la santé des populationsL’Europe n’est pas épargnée puisqu’en son sein, trois pays seulement sont en dessous des seuils : l’Islande, Andorre et l’Estonie. 

Principales conclusions du rapport : 

  • Seules 14 % des villes du monde respectent la directive de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les PM2,5 de 5 µg/m³, contre 17 % l’année précédente.
  • Seuls 13 pays/territoires ont respecté la recommandation annuelle moyenne de l’OMS pour les PM2,5 : Polynésie française, Porto Rico, Îles Vierges américaines, Barbade, Nouvelle-Calédonie, Islande, Bermudes, Réunion, Andorre, Australie, Grenade, Panama, Estonie.
  • Les cinq pays les plus pollués étaient le Pakistan (67,3 µg/m³), le Bangladesh (66,1 µg/m³), le Tadjikistan (57,3 µg/m³), le Tchad (53,6 µg/m³) et la République démocratique du Congo (50,2 µg/m³).
  • Les 25 villes les plus polluées du monde sont toutes situées en Inde, au Pakistan et en Chine, l’Inde abritant trois des quatre villes les plus polluées.
  • L’Europe a connu des tendances mitigées en matière de pollution atmosphérique en 2025, 23 pays enregistrant une hausse des concentrations de PM2,5 et 18 une baisse, tandis que le chauffage au bois en hiver, la fumée des feux de forêt canadiens en été et la poussière saharienne ont aggravé la pollution saisonnière.

Les incendies de forêt, intensifiés par le réchauffement climatique, ont joué un rôle majeur dans la dégradation de la qualité de l’air au niveau mondial. En 2024, davantage de villes étaient situées en dessous des valeurs guides (17% contre 14% en 2025). Ce phénomène pointe que l’amélioration de la qualité de l’air n’est pas continue. 

Les émissions record de biomasse, venues d’Europe et du Canada ont contribué à environ 1 380 mégatonnes de carbone. La fumée des incendies au Canada et aux Etats-Unis a augmenté les moyennes de concentrations durant l’été et l’automne. En Europe, la Suisse et la Grèce ont connu plus de 30% d’augmentation des particules à cause des fumées venues d’Amérique du Nord et des poussières subsahariennes. 

Le rapport pointe la nécessité d’un engagement à long terme en faveur de la qualité de l’air et non le simple respect annuel des valeurs cibles, puisque des épisodes de pollution comme les feux de forêts peuvent faire rebasculer certaines parties du globe au dessus du seuil de sûreté. 

Enfin, le rapport pointe l’impact spécifique de la pollution de l’air sur les enfants, qui porte atteinte à leur santé respiratoire leur vie entière, et de manière irréversible. Par ailleurs, les enfants constituent le groupe démographique ayant le moins de pouvoir face à ces évolution environnementales, contraints de porter les conséquences sanitaires à vie d’un air qu’ils n’ont pas choisi. 

Focus sur les épisodes de pollution aux particules fines qui touchent plusieurs pays européens depuis mi mars

Depuis le 19 mars, l’observatoire européen Copernicus alerte sur un épisode de pollution aux particules fines touchant plusieurs pays de l’Europe de l’ouest, dont la France.  Cette détérioration de la qualité de l’air est causée par des particules fines (PM 2,5). « Bien qu’il s’agisse d’un cas habituel au printemps, cela représente une situation notable occasionnée par des particules fines provenant de sources multiples et en particulier de l’agriculture« , souligne dans un communiqué le service de surveillance de l’atmosphère de l’organisme européen. Il est courant que le printemps soit marqué par des épisodes de pollution dans plusieurs départements, avec des sources qui sont multiples, notamment issues de la fin de la période de chauffe des appareils à bois, mais également provenant de l’agriculture avec la période des épandages d’engrais, source d’ammoniac, qui est un gaz irritant et précurseur de particules fines. Les conditions météorologiques stables empêchent la dispersion des polluants, qui sont également générés par le trafic routier. 

Ces épisodes sont aggravés par des pics de pollens d’aulnes et bouleau ces derniers jours dans de nombreux départements français. “Si vous avez un pic de pollution et un pic d’allergènes, vous allez avoir un risque augmenté de faire des crises d’asthmes ou d’être gêné” indique Christophe Marguet, pneumologue.

La situation en France 

L’Association Respire a publié une carte en mars 2026 notamment sur les niveaux de PM2,5 dans les plus grandes agglomérations françaises. Malgré une amélioration de la qualité de l’air ces vingt dernières années, la carte démontre que sur les 50 plus grandes agglomérations (Corse et Outre-Mer comprises), au moins 12 agglomérations sont en dépassement des nouvelles valeurs réglementaires concernant les PM2,5, et une trentaine pour le dioxyde d’azote – NO2. 

Les enjeux des mois à venir 

La Directive européenne qualité de l’air devrait être transposée dans le droit français d’ici le 11 décembre 2026En plus de nouvelles valeurs réglementaires concernant les PM2,5, puisque le seuil est passé de 25 à 10 µg/m3 ( l’OMS préconise une valeur guide de 5 ) la directive encadrera également les seuils pour déclencher les informations et alertes en cas de pics de pollution aux PM2,5. Aujourd’hui, les Préfectures déclenchent des seuils d’information et / ou d’alerte en fonction du niveau et de la durée de l’épisode de pollution pour le dioxyde d’azote (NO2) et les particules PM10, mais rien n’est défini concernant les PM2,5.

Ces seuils d’information et d’alerte permettent le déclenchement de mesures spécifiques comme la réduction de la vitesse sur les grands axes de circulation, l’interdiction de travaux générant des poussières de chantier, l’interdiction du chauffage au bois d’agrément, des dispositions pour les sites industriels etc. Certaines collectivités mettent également en place des mesures complémentaires comme la réduction du coût ou la gratuité des transports collectifs. 

Ce travail de transposition est en cours au sein du Ministère de la Transition Écologique, avec les membres du Conseil National de l’Air et en particulier Atmo France et les AASQA, qui vont devoir réviser l’indice ATMO pour le mettre en cohérence avec le nouvel indice européen. 

 

Toutes ces questions : transposition de la directive, réduction des émissions agricoles, feux de forêts, santé respiratoire  des enfants seront abordées lors des prochaines Assises des collectivités pour l’air, à Marseille les 13 et 14 octobre prochains.

Notez bien la date dans vos agendas, ouverture prochaine des inscriptions !

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