Pollution de l’air : quels impacts sur les femmes ?

La Journée internationale des Droits des Femmes, le 8 mars, est l’occasion de s’arrêter sur les inégalités de genre face à la pollution de l’air. 

A de nombreuses reprises, les études ont permis de mettre en évidence l’impact important de la pollution de l’air sur les femmes.

Des femmes nettement plus exposées

Les effets de la pollution de l’air sont désormais connus et les enfants comme les femmes sont particulièrement touchés. En 2022, une étude canadienne a révélé que l’exposition aux gaz d’échappement provoquait des altérations dans le sang plus importantes chez les femmes que chez les hommes.

En analysant le plasma sanguin, les chercheurs canadiens ont découvert une potentielle différence face aux particules fines. Pour réaliser l’étude, l’équipe a réuni 10 volontaires dont la moitié était des femmes (en bonne santé et non-fumeurs). Chaque volontaire a passé 4 heures à respirer de l’air filtré, puis de l’air contenant 3 taux différents de gaz d’échappement : 20, 50 ou 150 microgrammes de particules fines PM2,5 par mètre cube. L’analyse approfondie du plasma sanguin de chacun a permis de constater des changements de niveaux pour diverses protéines chez tous les participants après exposition aux particules fines. Mais ces altérations se sont révélées plus marquées chez les femmes.

Ces résultats permettent de mettre en évidence le rôle important de la pollution de l’air chez les femmes. Parmi les protéines concernées, certaines sont connues pour jouer un rôle dans l’inflammation, la formation de caillots sanguins, les maladies cardiovasculaires et le système immunitaire.

Les maladies respiratoires telles que l’asthme sont déjà connues pour affecter différemment les femmes et les hommes, les femmes étant plus susceptibles de souffrir d’asthme sévère. Par conséquent, les recherches sont nécessaires pour mieux connaître la façon dont les femmes et les hommes réagissent à la pollution de l’air pour mieux prévenir, diagnostiquer et traiter leurs maladies respiratoires.

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Des risques accrus de cancer du sein

Des chercheurs du Centre Léon Bérard au sein du département Prévention Cancer Environnement ont mené une étude baptisée XENAIR. Elle démontre qu’une exposition à l’un des 5 polluants présents dans l’air présente un risque accru de cancer du sein. 

Le cancer du sein est le cancer féminin le plus répandu en France avec 58 500 nouveaux cas par an. L’enjeu est donc essentiel en terme de prévention pour la santé des femmes. Plus de 12 000 décès pourrait être lié à l’exposition d’un des cinq polluants incriminés : le dioxyde d’azote (NO2), le benzopyrène (BaP), les polychlorobiphényles (PCB) et les particules fines PM10 et PM2,5 (au diamètre inférieur à 10 et 2,5 micromètres, respectivement). Selon le journal Le Monde, « jusqu’à 9 % des cancers du sein pourraient être prévenus, en France, si les femmes étaient exposées à des taux de dioxyde d’azote inférieurs au seuil actuel recommandé par l’OMS. »

Cette nouvelle étude a évalué les associations entre l’exposition au BaP atmosphérique et le risque de cancer du sein dans l’ensemble de la population. Dans l’ensemble, l’exposition cumulée au BaP a été associée de manière significative à une augmentation du risque de cancer du sein. Ce risque varie selon le statut ménopausique, le statut des récepteurs hormonaux et le degré de différenciation du cancer du sein.

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Accélération de l’ostéoporose après la ménopause

Une étude américaine parue dans la revue médicale The Lancet revient sur les travaux de chercheurs de la Columbia University Mailman School of Public Health, menés sur une cohorte de femmes de plus de 50 ans depuis les années 1990. En croisant leur exposition à la pollution de l’air (particules fines, dioxydes d’azote, dioxydes de soufre et monoxyde d’azote) sur leur lieux d’habitation et leurs données de santé (densité minérale osseuse), les chercheurs ont établi un lien entre l’exposition les dioxydes d’azote et la réduction de la densité des os.

« Pour la première fois, nous avons la preuve que les oxydes d’azote, en particulier, sont un contributeur majeur aux dommages osseux et que la colonne lombaire est l’un des sites les plus sensibles à ces dommages« , poursuit le premier auteur de l’étude Diddier Prada.

Pour rappel, l’ostéoporose accentue le risque de fractures. On estime qu’en France 39% des femmes de plus de 65 en souffrent, contre 2 à 3 fois moins d’hommes. Selon l’Inserm, l’ostéoporose est la cause de 377 000 fractures par an en France.

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Des énergies domestiques polluantes pour les femmes

Selon l’OMS, la pollution de l’air intérieur est responsable d’environ 3,2 millions de décès par an dans le monde en 2020. Environ 2,4 milliards de personnes dans le monde font la cuisine à l’aide de foyers ouverts ou de fourneaux inefficaces utilisant du pétrole, de la biomasse (bois, déjections animales, résidus agricoles) et du charbon.

Les femmes sont souvent surexposées à la pollution de l’air à l’intérieur des habitations. Certaines pratiques de cuisson utilisent des combustibles et des techniques qui produisent des niveaux élevés de pollution de l’air dans les logements. Dans les habitations insuffisamment ventilées, la teneur en particules fines dans les fumées domestiques peut être 100 fois supérieure aux niveaux acceptables. Les femmes et les enfants qui passent le plus de temps près du foyer ouvert, sont ainsi particulièrement exposées.

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