Dans le cadre du livret « Communication & Air », l’Alliance a posé 4 questions à Cécile Cénatiempo, Conseillère métropolitaine déléguée à la qualité de l’air à Grenoble Alpes Métropole.

Selon vous, quel rôle joue la communication dans la stratégie d’amélioration de la qualité de l’air à Grenoble ?

La communication est essentielle en matière de qualité de l’air (comme pour toutes nos politiques publiques d’ailleurs). Nous avons la responsabilité d’informer les habitant·e·s des enjeux d’une bonne qualité de l’air mais également de faire de la pédagogie en expliquant ce que chacune et chacun peut faire pour améliorer la qualité de l’air et se protéger en cas de pic de pollution, ou de fragilité. Il est nécessaire de communiquer sur la qualité de l’air mais également sur les bons gestes à adopter. Les habitant·e·s doivent pouvoir se sentir acteurs et non pas simplement avoir le sentiment de subir la situation.
À Grenoble, nous sommes sur un territoire particulier où la pollution atmosphérique se voit. Territoire encaissé entre des montagnes ce qui ne favorise pas la dispersion des polluants et qui les rend visible dès la prise de hauteur. C’est également un territoire de recherche avec une université à la pointe, des ingénieurs, chercheurs… il y a donc en même temps une conscience de la présence de la pollution et une méconnaissance (ou des préjugés) sur la question.

Quels sont les projets de communication qui ont eu le plus de résultats selon votre expérience ?

Selon mon expérience, je dirais que les projets qui fonctionnent le mieux à Grenoble sont :

  • Le porte à porte ciblé pour sensibiliser à la prime air bois et à la pollution aux particules fines ;
  • La mise en place d’ambassadeurs pour sensibiliser et informer de la pollution atmosphérique ;
  • Le déploiement d’une communication spécifique en cas de pic de pollution sur les réseaux sociaux ;
  • L’éducation à l’environnement dans les écoles ;
  • La captothèque (prêt de micro capteurs en partenariat avec ATMO) ;
  • Le déploiement de micro capteurs sur 30 communes (sur 49) qui mesurent les particules.

Plus récemment, nous avons eu beaucoup de très bons résultats avec l’illumination d’un bâtiment emblématique de la ville aux couleurs de l’indice ATMO, l’affichage de l’indice sur les abris de bus (accompagné des bons gestes à adopter), l’organisation de café débat ou encore la diffusion de l’étude Mobil’Air dans la journal de la métropole. Certaines de ces actions ont eu lieu ces dernières semaines dans le cadre de Grenoble Capitale verte de l’Europe, d’autres sont récurrentes depuis plusieurs années.

Quels sont les retours des habitant·e·s par rapport aux projets développés par la métropole ?

Les retours sont très positifs notamment vis-à-vis de l’illumination de la Tour Perret selon l’indice ATMO. Nous avons également rencontré un franc succès pour les cafés débats. Par contre, nous avons eu un accueil mitigé concernant nos ambassadeur·rice·s comme les questions liées au chauffage au bois qui reste très sensible malgré la présence forte des particules sur le territoire.

Quels conseils pourriez-vous apporter aux élu·e·s ?

C’est difficile de donner des conseils car tout n’est pas parfait, mais, pour l’essentiel, voici quelques conseils :

  • Se former sur la qualité de l’air : les enjeux, les chiffres clés, les dangers…
  • Communiquer auprès de tous les publics (écoles, MJC, associations…) ;
  • Associer à leur communication les bons gestes à adopter/ communiquer surtout sur les enjeux sani-taires sans trop effrayer/ rendre les habitantes acteurs de l’amélioration de la QA ;
  • Rendre visible l’indice ATMO dans l’espace public au même titre que le bilan météo.

 

Cécile Cénatiempo

Conseillère métropolitaine déléguée à la qualité de l’air
à Grenoble Alpes Métropole

 

Les membres de l’Alliance peuvent suivre gratuitement une formation à la qualité de l’air développée en partenariat avec l’EHESP. En savoir plus

Crédit image : Michal Czyz et Grenoble Alpes Métropole

Découvrir notre livret "Communication & air"