L’Université de Strasbourg, l’Eurométropole et Atmo Grand Est ont publié les résultats de leur enquête “Les Strasbourgeois face à la pollution de l’air”. 

Cette enquête permet de comprendre comment les Strasbourgeois·e·s se représentent la pollution de l’air. Comment les habitant·e·s identifient-ils les risques, leur intérêt pour le sujet a t-il évolué, quelles sont leurs attentes ?

Les résultats de 90 entretiens effectués entre 2017 et 2019 ont été comparés aux réponses données en 2007 pour comprendre l’évolution du rapport des habitants à la qualité de l’air. 

Un intérêt croissant pour la pollution de l’air

La comparaison des résultats des enquêtes menées en 2017 et 2019 avec celle de 2007 montre que les citoyen·ne·s sont davantage intéressé·e·s et préoccupé·e·s par la pollution de l’air aujourd’hui que par le passé.

En effet, si en 2007 les habitants n’allaient pas chercher de l’information, aujourd’hui ils/elles sont en demande d’éléments de données sur la qualité de l’air qu’ils/elles respirent au quotidien.

On constate donc un décalage entre un nouveau besoin et les outils mis à disposition des habitant·s. Les outils proposés pour répondre à cette demande sont encore peu accessibles et lisibles. Ils ne sont pas suffisamment développés pour satisfaire une demande croissante. Les cyclistes par exemple souhaiteraient disposer de cartes renseignées sur les concentrations de pollution pour mieux choisir leurs itinéraires.

Une meilleure connaissance des conséquences de la pollution de l’air

Les citoyen·ne·s connaissent désormais les secteurs d’activités polluants avec une insistance nouvelle sur les impacts du chauffage du bois, des pesticides et des produits ménagers. Les personnes interrogées sont conscientes des risques d’une exposition quotidienne à la pollution de l’air.

Elles regrettent néanmoins que l’information ne soit pas assez accessible, tant dans leur environnement quotidien (médias, espace public …), que dans le vocabulaire qui reste très technique et difficile à comprendre.

Une responsabilité mieux acceptée et une volonté d’actions collectives

Dans l’enquête de 2007, les citoyen·ne·s avaient des difficultés à prendre une part de responsabilité dans l’émergence de la pollution de l’air : l’émetteur de polluant était désigné de manière générique et objectivée (« la voiture », « l’usine », l’avion ») plutôt qu’identifié à une activité humaine à laquelle ils pouvaient contribuer. 

En 2019, la situation a changé : les Strasbourgeois·e·s. ont pris conscience qu’il est possible d’agir à son échelle pour résoudre les problèmes environnementaux – dont la pollution de l’air – en changeant ses modes de consommation et de déplacement.

Cependant, le sentiment d’impuissance face à la pollution de l’air reste important : les habitant·e·s ont réalisé que limiter leurs déplacements en voiture peut avoir un impact mais que le collectif joue considérablement un rôle.

Les personnes interrogées soulignent le manque d’offre adéquate pour se déplacer, mais reconnaissent aussi la difficulté de changer leurs habitudes, d’ajouter ce qu’ils voient comme des contraintes dans leur quotidien. Ils souhaitent plus d’informations sur ce qu’ils pourraient mettre en place et sur les actions d’accompagnement. 

Conclusion

La conclusion de l’enquête montre que les Strasbourgeois·s ont désormais conscience des risques liés à la pollution de l’air et de l’impact qu’ils peuvent avoir dans l’amélioration ou non de la qualité de l’air. Mais, ils peinent toujours à identifier des actions à mettre en œuvre. Ils expriment également un sentiment de doute quant à l’efficacité de l’action individuelle pour la protection de l’environnement. La taxation leur paraît acceptable si elle est accompagnée de propositions alternatives et de compensations en matière de transport et d’habitat. 

La communication autour de ces enjeux est donc plus que jamais nécessaire : informer, communiquer et rendre acteur/actrice la population.

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