L‘ADEME a publié un guide pour choisir des fournitures scolaires qui participent à l’amélioration de la qualité de l’air intérieur. Chaque jour, plus de 12 millions d’élèves utilisent des fournitures scolaires qui peuvent participer à la dégradation de la qualité de l’air intérieur des établissements qui les accueillent. L’utilisation des fournitures scolaires, très proches des voies respiratoires, augmente l’exposition des enfants qui peuvent inhaler des concentrations en polluants vraisemblablement plus élevées que celles mesurées dans l’air intérieur. Ces produits ne relèvent d’aucune réglementation spécifique. Par manque d’information, les collectivités locales ne peuvent introduire, dans leurs marchés publics, des exigences pour fournir aux enfants des produits biocompatibles et faiblement émissifs.

Avec l’Agence de la transition écologique (ADEME), le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), et le bureau d’études spécialisé Medieco, la Ville de Grenoble a mené une étude sur les émanations toxiques des fournitures scolaires.  Ce projet nommé TROUSS’AIR a permis de mener deux types d’actions :

  • l’élaboration de clauses sanitaires pour chaque famille de produits à intégrer dans son cahier des charges pour le marché des fournitures scolaires ;
  • la mise en place d’actions de sensibilisation des élu·e·s, des enseignant·e·s et des parents d’élèves

Une étude menée sur 167 fournitures scolaires

Après une étude portant sur 167 fournitures scolaires (à l’aide d’entretiens d’experts, d’analyses sanitaires des produits sur la base d’avis issus de structures scientifiques), les émissions en composés volatils d’une sélection de ces produits ont été caractérisées en chambre d’essais par le centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

Objectifs et méthodologie du projet

Le projet TROUSS’AIR a pour objectif principal de proposer aux enfants et aux enseignants des fournitures scolaires respectueuses de leur santé mais il va permettre également :

  • Aider au choix des fournitures scolaires pour une meilleure QAI
  • Mettre en place des critères d’éco-conditionnalité interdisant les composés organiques volatils dans les contrats et achats publics
  • Favoriser l’information des équipes éducatives, et indirectement des familles

Les étapes du projet se composées en 3 phases :

  1. Travaux préliminaires : analyse bibliographique, sélection et choix des références à analyser, analyse qualité santé®
  2. Commande publique biocompatible : analyse complémentaire, interview d’experts, analyse comparative du coût de produits, intégration de clauses sanitaires dans la commande publique de la Ville de Grenoble, rédaction du guide d’aide au choix des fournitures scolaires
  3. Sensibilisation et communication : réunions et sensibilisation des enseignants et des parents (2 ateliers)

Résultats

Ce projet TROUSS’AIR a permis l’élaboration de clauses sanitaires à intégrer dans le cahier des charges pour le marché des fournitures scolaires de la ville de Grenoble. Il a également permis de déterminer que la qualité sanitaire n’était pas plus chère. Les produits faiblement émissifs sont en effet moins coûteux et a permis une baisse de coût d’achat de l’ordre de 10 % lors de la passation du marché des fournitures scolaires.

Enfin, la Ville de Grenoble a été récompensée pour son engagement en faveur de l’amélioration de la qualité air intérieur – Lauréat « Territoire Engagé pour mon environnement, ma santé » (AMI Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire).

TROUSS’AIR a permis de toucher 13 000 élèves sur plus de 500 classes (77 écoles).

Fournitures avec faibles émissions de polluants volatils Coût moins élevé
Bâton de colle 3 à 4 fois
Colle 10 fois
Stylo à bille 2,5 fois
Feutre Légèrement moins qu’avec encre cétone
Stylo correcteur 2 à 4 fois

 

Pour en savoir plus, revoir le replay de notre webinaire « Comment améliorer la qualité de l’air intérieur dans les écoles et les crèches ? »

Crédit image : Kristin Brown on Unsplash

Lire le rapport complet du projet TROUSS'AIRTélécharger l'infographie "Comment équiper ses enfants sans risque ?"