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Alors que des incendies sévissent actuellement en France, l‘Alliance adresse tout son soutien aux habitantes et habitants, aux élus locaux, aux agents territoriaux, aux sapeurs-pompiers, aux bénévoles, aux services mobilisés ainsi qu’à toutes celles et ceux qui sont durement éprouvés par ces incendies.

Dans une expertise publiée en juillet 2026, l’Anses dresse un état des connaissances sur les impacts sanitaires et environnementaux des fumées générées par les feux de végétation de grande ampleur.
La France est le 4ème pays le plus boisé d’Europe, avec près de 18 millions d’hectares de forêts. Les surfaces boisées, vulnérables aux incendies, se situent en majorité dans la moitié sud de la France. Elles concernent principalement le maquis et la garrigue autour de la Méditerranée et en Corse, ainsi que la forêt de pins landaise. De nouveaux territoires risques d’être impactés avec le dérèglement climatique.
En 20 ans, plus de 310 000 hectares de forêts sont partis en fumée en France, soit une surface équivalente à près de 30 fois la ville de Paris.
Le risque d’incendie augmente sous l’effet de plusieurs facteurs :
Les fumées des feux de forêt contiennent de nombreux polluants qui dégradent la qualité de l’air notamment :
Les particules fines constituent le principal enjeu pour la qualité de l’air. Les panaches de fumée engendrés par les incendies peuvent se déplacer sur plusieurs centaines de kilomètres et ainsi contaminer différents milieux (air, eau, sol). LA qualité de l’eau peut ainsi être affectée par les cendres et/ou des substances toxiques.
Les fumées peuvent entraîner des changements comportementaux sur les animaux et avoir des conséquences sur leur santé (déficiences neurologiques, maladies respiratoires et cardiovasculaires, immunosuppression). L’augmentation des nutriments dans les eaux favorise la prolifération d’algues qui peuvent nuire à d’autres organismes aquatiques.
Pour les végétaux, certaines substances présentes dans les fumées et les cendres peuvent interférer sur le développement des plantes (germination, croissance par photosynthèse par exemple.). Ces dépôts affectent aussi les productions agricoles en termes de rendement et de qualité.
L’Anses indique que les fumées pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire. En effet, plusieurs risques peuvent affecter les poumons : altération des mécanismes de défense immunitaire des poumons ; augmentation du stress oxydant pulmonaire ; réponse inflammatoire au niveau pulmonaire ; diminution de la fonction respiratoire et aggravation de l’hyperréactivité bronchique, notamment chez les personnes asthmatiques.
Les études épidémiologiques recensées par l’Anses montrent, en cas d’incendie, une augmentation de :
L’Anses rappelle que certaines populations sont particulièrement sensibles et vulnérables : les nourrissons et les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées, les personnes souffrant de maladies respiratoires (dont l‘asthme) ou cardiovasculaires, les personnes diabétiques, les personnes immunodéprimées et les personnes atteintes d’autres maladies chroniques comme les personnes dialysées ou souffrant de maladies oculaires.
L’Anses précise également que les personnes en situation de précarité sont plus exposées et vulnérables aux fumées des incendies de végétation. Elles ont, en effet, des problèmes de santé préexistants, des logements inadéquats, un accès limité aux soins de santé ainsi qu’à l’information, des ressources limitées pour l’achat d’équipements de protection ou d’atténuation de l’exposition.
Les études montrent également que, pour une même augmentation donnée de la concentration atmosphérique en PM2,5, la pollution provoquée par les incendies de végétation est plus toxique que la pollution de fond habituelle. Cette toxicité plus forte pourrait s’expliquer par le caractère des fumées, le potentiel oxydant accru des particules dans ces fumées et leur composition chimique et biologique spécifique.
Les risques sanitaires à moyen et long termes associés aux expositions aiguës et répétées, restent un champ de recherche
émergeant et à développer.
L’Anses recommande de limiter les activités extérieures pendant les épisodes de fumées, de privilégier le maintien d’un air intérieur de bonne qualité lorsque cela est possible et de surveiller l’apparition de symptômes respiratoires ou cardiovasculaires.
L’Anses recommande également de renforcer l’information du grand public. Elle invite les acteurs impliqués dans la gestion des incendies à s’appuyer sur les consignes publiées en 2024 pour protéger la population avant, pendant et après un incendie de végétation.
L’Anses souligne l’importance de renforcer l’information et la sensibilisation des habitants sur le risque d’incendie de végétation ainsi que sur les mesures de prévention et de protection, comme les obligations de débroussaillement.
Photo de Matt Palmersur Unsplash