Préoccupations environnementales des français et des élus, quels enseignements des dernières enquêtes ?

Alors que le backlash écologique semble très fort (suppression des ZFE, du Zéro Artificialisation Nette, réintroduction de certains pesticides dans la Loi Duplomb …) différentes enquêtes auprès des habitants et des élus semblent contredire cette première impression.

Une baisse de préoccupation pour le changement climatique et une montée des craintes de catastrophes naturelles 

=> Retour sur la dernière étude réalisée par le SDES, février 2026. 

Alors qu’entre 2010 et 2022, selon la plateforme Environnement du SDES, le réchauffement climatique s’était imposé comme principale préoccupation environnementale des Français (+ 22 points), cet intérêt est en baisse entre 2022 et 2025 (-15 points).

La préoccupation grandissante concerne les catastrophes naturelles (+7%) notamment en 2024 avec de graves inondations qui ont frappé plusieurs départements. Les données du nouveau baromètre Elipss réalisé avec Sciences Po confirment que les catastrophes naturelles tendent à s’imposer comme un sujet majeur d’inquiétude des Français en matière d’environnement, devançant même dans ce baromètre le changement climatique en 2024.

En 2025, la pollution de l’eau a repris la 3e place du classement des préoccupations environnementales, revenant à son niveau de 2011. La pollution de l’air a également progressé de 2 points mais inquiète moins qu’il y a 10 ans. La biodiversité reste peu citée, alors que les scientifiques multiplient les alertes sur son érosion et la disparition massive des espèces. 

La pollution de l’air plus présente dans les problèmes environnementaux de proximité 

A la question des problèmes les plus centraux dans leur quartier, les sondés répondent d’abord sur les désagréments liés au bruit, et la pollution pour les habitants des grandes métropoles, là où les territoires ruraux évoquent davantage le manque de transports en commun.

Les pesticides sont identifiés comme le risque le plus menaçant, pour la deuxième année consécutive. Les pollutions de l’eau, de l’air et des sols sont jugées menaçantes par plus de la moitié des enquêtés, tandis que la crainte envers l’industrie nucléaire est en baisse. 

Comment les élus intègrent-ils et perçoivent-ils la transition écologique dans leur mandat ? 

=> Retour sur la consultation menée par le Shift project auprès des Maires et des élus municipaux. 

La transition écologique, une préoccupation forte des élus. 

Neuf maires ou élus sur dix se disent préoccupés par le changement climatique, et sept sur dix en font une priorité du prochain mandat, selon la dernière enquête publiée par le Shift Project. 

Cette préoccupation est partagée tant par les élus se positionnant à gauche qu’à droite, dans des proportions très proches, de même pour les élus de milieux ruraux, urbains et péri-urbains.

Leurs préoccupations principales pour mettre en œuvre la transition énergétique sont avant tout l’amélioration du cadre de vie et de la santé des habitants, ainsi que la diminution des dépenses énergétiques. L’atteinte de la neutralité carbone, l’attractivité du territoire ou la création d’emplois arrivent plus loin dans les motivations citées par les responsables politiques. 

Un besoin de formation et de dialogue avec les habitants 

Sur les freins à l’action, les premiers cités sont le manque de moyens budgétaires, viennent ensuite l’accumulation des urgences quotidiennes, et le manque de connaissances ou de compétences. Fait surprenant, la crainte de l’impopularité est très peu citée comme un obstacle à la mise en place de politiques de transition. 

Sur les besoins identifiés, ceux qui reviennent le plus sont la nécessité de retours d’expériences concrets, de formations courtes, et d’outils pour convaincre la population. 

« En croisant les résultats, on constate que plus les répondants estiment avoir un bon niveau de connaissances sur les enjeux climatiques et énergétiques, plus ils sont nombreux à mettre en place des actions d’adaptation ou d’atténuation » relève le Shift Project.

L’organisme fait également ressortir un fort besoin d’échanges entre les élus et les habitants, notamment pour mieux connaître leur perception des politiques mises en œuvre en faveur de la transition. 

A propos des enjeux du prochain mandat, ils sont plus de la moitié à citer la préservation de l’environnement comme priorité. Cet enjeu arrive devant la revitalisation des centres-bourgs ou la sécurité, quelle que soit leur appartenance politique ou le type de territoire. L’enjeu des transports apparaît également comme un enjeu prioritaire du prochain mandat. 

Conclusion

Les politiques de qualité de l’air s’inscrivent ainsi dans un contexte d’attentes sociales bien réelles. Et si la pollution de l’air figure encore davantage parmi les préoccupations de proximité des habitants des grandes métropoles, là précisément où les dépassements de normes sont les plus fréquents, elle reste un sujet de santé publique qui touche l’ensemble des collectivités, comme en témoigne la question sensible des pesticides dans les territoires ruraux.

Du côté des élus, les signaux sont tout aussi clairs. Les freins qu’ils citent (manque de moyens budgétaires, accumulation des urgences, besoin de formation et de retours d’expériences concrets) dessinent précisément le type d’appui que les réseaux comme l’Alliance, les AASQA ou l’ADEME peuvent leur apporter.

Ces convergences entre attentes citoyennes, volonté des élus locaux et obligations réglementaires constituent un terreau favorable. Elles rappellent que la mise en œuvre de politiques publiques favorables à la santé environnementale n’est pas seulement une contrainte imposée de l’extérieur : c’est aussi une réponse à des demandes exprimées de l’intérieur des territoires. C’est à cette condition, en s’appuyant sur cette dynamique autant que sur les échéances réglementaires, que la mandature 2026-2033 pourra être celle d’une transition durable vers un air plus sain.

 

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